E6 — Cybersécurité des services informatiques

Myon — SISR, session 2022

Méthodologie et corrigé commenté — E6 — Cybersécurité des services informatiques, BTS SIO.

  • Durée 4h
  • Filière SISR
  • Session 2022

Corrigé commenté Lockbay

Sujet officiel

Cas Myon — Session 2022, U6/E6 (SISR), durée 4h, coef 4, sur 80 points (Dossier A : 45 pts, Dossier B : 35 pts). Code sujet 22SI5SISR-NC. 📄 Télécharger le sujet officiel Myon (réseaucerta.org)

Lockbay n’héberge pas le sujet : ce corrigé est une production originale Lockbay qui répond aux questions du sujet officiel. Sujet © Éducation nationale.

La société de transport Benoît Myon (Lesquin et Mâcon) fait auditer son SI par l’ESN ADS. Deux dossiers : sécuriser l’infrastructure (vidéosurveillance, migration, Wifi) puis sécuriser serveurs et services (RAID, sudo, messagerie). Corrigé question par question.

Dossier A — Sécurisation de l'infrastructure 45 pts

Mission A1 — Étude du réseau de vidéosurveillance

A1.1

Schéma des flux vidéo et VLAN associés

Les équipements à représenter et leurs VLAN (document 4) :

ÉquipementVLANRéseau
12 caméras IP Lesquin70 (VIDEO)192.168.70.0/24
4 caméras IP Mâcon71 (VIDEO-MAC)192.168.71.0/24
Enregistreur NVR443270 (port 5 de SW2)192.168.70.0/24
Commutateurs XG-7100 (SW1 / SW21)routage inter-VLAN + pare-feu—
Tunnel VPN IPsec Lesquin ⇄ Mâconporte le VLAN 71 vers le NVR—

Flux : caméras Lesquin (VLAN 70) → SW1-2/SW1-3 → NVR (même VLAN 70) ; caméras Mâcon (VLAN 71) → SW21 → VPN IPsec → SW1 → NVR.

A1.2

Faible risque de prise de contrôle des caméras IP

  • Depuis Internet : caméras sur VLAN dédiés (70/71) non routés vers le WAN ; aucune règle NAT/port forwarding ne les expose (doc A2 ne redirige que la DMZ 192.168.51.1) et le pare-feu XG-7100 bloque par défaut (règle 9999 deny). Les caméras de Mâcon passent par le tunnel VPN IPsec chiffré, inaccessible de l’extérieur.
  • Utilisateur local malveillant : la segmentation VLAN isole le réseau vidéo des réseaux utilisateurs ; un poste d’un autre VLAN n’atteint le VLAN 70 que si le pare-feu inter-VLAN l’autorise — ce qui n’est pas le cas.

Mission A2 — Migration et sécurisation d’une application métier

A2.1

Modifications NAT / filtrage pour la migration Lxd1 → Lxd2

L’application est joignable de l’extérieur via le port 5433 → 5000 redirigé vers la DMZ 192.168.51.1 (doc A2/A3). Il faut rediriger le flux interne (port 5000) de Lxd1 vers Lxd2 : modifier l’adresse NAT de destination interne de la règle de port forwarding (et/ou la réservation DHCP) pour pointer sur Lxd2. Les règles de filtrage WAN (NAT 5433→5000, allow 5000 vers la DMZ) restent inchangées car elles visent l’adresse de passerelle DMZ, pas l’IP propre du serveur.

A2.2

Bloquer l’attaque par force brute sur le port 443

L’attaque vient des IP 193.14.78.1 et 5.49.250.12 sur le port 443. On ajoute deux règles de blocage explicite :

NuméroProtocoleIP sourcePort srcIP destPort destRègle
5tcp193.14.78.1*192.168.51.1443deny
6tcp5.49.250.12*192.168.51.1443deny

Emplacement : en tête de table, AVANT la règle 20 (allow 443). Un pare-feu applique la première règle correspondante ; placées après le allow, elles seraient inopérantes. D’où des numéros inférieurs (5 et 6) à la règle 20.

A2.3

Solution logicielle anti-brute force

fail2ban. Il surveille les journaux (serveur web/pare-feu), détecte les échecs d’authentification répétés depuis une même IP et bannit dynamiquement l’adresse (règle de pare-feu temporaire). Avantages : automatisation (plus besoin d’ajouter chaque IP à la main, ce que le pirate contourne en changeant d’adresse), seuils et durées configurables, réaction en quasi temps réel — il traite la variabilité des IP sources que le filtrage statique ne couvre pas.

A2.4

Repères à cocher sur la fiche d’incident (doc A4)

RubriqueRepère(s)Justification
Élément[ i1 ] Serveurl’attaque vise un serveur web (Lxd1)
Nature[ n20 ] Tentative de cyberattaque + [ n11 ] Accès non autorisébrute force / authentification frauduleuse
Données compromises ?[ c2 ] Nonl’attaque a échoué
RH contacté ?[ r2 ] Nonpas de harcèlement
Mesures d’urgence[ u7 ] Autre : « Blocage des IP sources sur le pare-feu + fail2ban »mesure appliquée

([ i11 ] et [ n24 ] non requis ici ; [ u7 ] reçoit la phrase de description.)

A2.5

Mode promiscuité et configuration des commutateurs

a) En mode promiscuité, l’interface accepte et remonte au système toutes les trames du segment, y compris celles non destinées à sa propre adresse MAC (au lieu de les filtrer). Indispensable à une sonde IDS pour analyser tout le trafic.

b) Un commutateur n’envoie à chaque port que le trafic qui le concerne. Pour que la sonde Snort (port 23, Debian Snort) voie tout le trafic DMZ, configurer une recopie de ports (SPAN / port mirroring) sur SW2 : recopier les ports DMZ (Lxd1 = port 21, Lxd2 = port 22, uplink SW1) vers le port 23.

A2.6

Règles Snort pour alerter sur un ping vers Lxd1 ou Lxd2

Le ping utilise ICMP. Les serveurs Lxd1/Lxd2 sont en DMZ (192.168.51.0/24). Premières règles personnelles → sid ≥ 1000001 (doc A6). Une règle par serveur (ou une seule sur le réseau DMZ) :

alert icmp any any -> 192.168.51.21 any (msg:"Ping vers serveur web Lxd1"; sid:1000001; rev:1;)
alert icmp any any -> 192.168.51.22 any (msg:"Ping vers serveur web Lxd2"; sid:1000002; rev:1;)

(Variante condensée : alert icmp any any -> 192.168.51.0/24 any (msg:"Ping vers serveurs web DMZ"; sid:1000001; rev:1;).)

Mission A3 — Sécurisation du réseau sans-fil (Wifi)

A3.1

Avantages d’un serveur RADIUS associé à Active Directory

  • Authentification individuelle (WPA2-Enterprise/802.1X) : chaque mécanicien s’authentifie avec son compte AD au lieu d’une passphrase partagée (WPA-PSK) connue de tous et non révocable individuellement.
  • Centralisation et traçabilité : comptes gérés dans l’annuaire ; on sait qui se connecte ; révocation immédiate au départ d’un salarié sans changer la clé pour tous (NPS réutilise l’identité existante).
A3.2

Au moins deux mesures supplémentaires pour le Wifi

  1. WPA2-Enterprise (802.1X) avec chiffrement AES-CCMP (abandon du WPA-PSK).
  2. Filtrage des adresses MAC (ACL MAC, doc A7) pour n’autoriser que les tablettes connues.
  3. Cloisonnement VLAN 80 : maintenir l’absence d’accès Internet pour le Wifi tablettes.
  4. Réduction de la puissance d’émission (limiter le débordement hors des locaux) et surveillance des points d’accès non autorisés (rogue AP).
A3.3

Obligations réglementaires de conservation des journaux

Toute entreprise qui procure un accès (journaux de connexion Wifi) est assimilée à un fournisseur d’accès — LCEN art. 6-II, décret du 24 mars 2006 et loi antiterroriste du 23 janvier 2006 (doc A8) : obligation de conserver les données techniques de connexion 1 an (date/heure, adresse MAC, mode), puis anonymisation. Ces données ne révèlent pas le contenu des communications et leur traitement respecte le RGPD.

A3.4

Contraintes d’un système de « bons d’échange » (vouchers)

  • Réglementation : collecter nom, société, adresse électronique = traitement de données personnelles (RGPD) → information du visiteur, finalité, durée limitée, base légale. L’obligation de conservation des logs (1 an) subsiste : journaliser l’attribution bon ↔ visiteur pour identifier l’auteur d’un usage litigieux.
  • Sécurité : Wifi visiteurs isolé (VLAN distinct, pas d’accès au réseau interne ni aux serveurs), accès temporaire (bon à durée de vie limitée, usage unique). Le portail captif ne doit pas exposer les autres VLAN.
Dossier B — Sécurisation des serveurs et des services 35 pts

Mission B1 — Amélioration de la sûreté du serveur de stockage

B1.1

RAID du NAS (12 disques de 2 To, 18 To utilisés)

a) Le RAID 0 ne fait qu’entrelacer les données sur les 12 disques (performance) : aucune redondance. La défaillance d’un seul disque entraîne la perte totale des données → pas de sûreté.

b) Volume utile (12 × 2 To = 24 To bruts) :

NiveauTolérance de panneVolume utileAdapté ?
RAID 51 disque(12−1)×2 = 22 Tooui
RAID 62 disques(12−2)×2 = 20 Torecommandé
RAID 101 par miroir24/2 = 12 Tonon (inférieur à 18 To)

→ RAID 6 : meilleure sûreté (tolère 2 pannes simultanées, risque réel de double panne pendant la reconstruction avec 12 disques) et 20 To utiles ≥ 18 To requis. Le RAID 10 (12 To) est insuffisant.

B1.2

Pourquoi sauvegarder Windows2016 (déjà en RAID 5) vers le NAS

Le RAID 5 n’est pas une sauvegarde : il protège de la panne d’un disque, mais pas d’une suppression/altération de fichiers (erreur, malveillance, rançongiciel), d’une corruption logique, d’un sinistre (incendie, vol) ni d’une double panne. La sauvegarde vers le NAS offre une copie indépendante et historisée, restaurable en cas de perte logique ou de désastre.

B1.3

Choix d’un hébergeur français (juridique + technique)

  • Juridique : données sous droit français/UE → RGPD applicable, hors d’atteinte de législations extraterritoriales (Cloud Act) ; souveraineté et exigences sectorielles.
  • Technique : faible latence avec Lesquin (meilleur débit de sauvegarde), support/SLA en français, conformité possible (SecNumCloud / HDS).
B1.4

Protocole sécurisé Lesquin ⇄ hébergeur

SFTP (ou SCP), encapsulés dans SSH : transfert chiffré (confidentialité + intégrité) avec authentification par clés, contrairement à FTP/HTTP (en clair). SFTP est préférable à FTPS (un seul port, traversée de pare-feu simple) pour des sauvegardes automatisées.

Mission B2 — Mise en place de délégation de droits (sudo)

B2.1

sudo et principe de moindre privilège

sudo autorise un utilisateur à exécuter uniquement certaines commandes précises avec les droits de root, sans donner le mot de passe root ni un accès complet. Chaque informaticien se connecte avec son compte et n’obtient les privilèges que pour les commandes nécessaires (alias NET : ifup/ifdown, édition de interfaces/resolv.conf). On accorde le minimum requis, avec traçabilité (qui a lancé quoi, quand) et NOEXEC qui bloque l’évasion par shell.

B2.2

Faille CVE-2019-14287

a) Risque : dans sudo antérieur à 1.9, un utilisateur autorisé à exécuter une commande en tant qu’un autre utilisateur que root pouvait contourner la restriction via sudo -u#-1 commande. L’UID -1 n’existe pas mais est interprété comme 0 = root → exécution avec les privilèges root = élévation de privilèges non prévue.

b) Machines concernées : tous les serveurs Linux en sudo ≤ 1.8.x où une délégation autorise l’exécution en tant qu’un utilisateur ciblé (SRV1, Debian10, Debian Snort, Lxd1, Lxd2, LxdTest). Les machines Windows ne sont pas concernées (pas de sudo).

B2.3

Utilité des lignes 3, 4 et 5 du script (doc B5)

  • Ligne 3 — stocke dans empreinteAttendue l’empreinte de référence du .deb publiée par l’éditeur (valeur de confiance).
  • Ligne 4 — calcule l’empreinte réelle du fichier téléchargé (sha1sum).
  • Ligne 5 — compare les deux ; si identiques, le fichier est authentique et intègre (non corrompu/altéré) et seulement alors il est installé (dpkg -i).

Ces lignes vérifient l’intégrité et l’authenticité du paquet avant installation.

Remarque : la ligne 3 fournit un hash de 64 caractères (SHA-256) alors que la ligne 4 utilise sha1sum (SHA-1, 40 car.) — incohérence d’algorithme ; et la comparaison devrait utiliser = (chaînes) plutôt que -eq (numérique). Le principe reste valide.

Mission B3 — Sécurisation de la messagerie

B3.1

TLS client ⇄ serveur de messagerie

a) TLS chiffre le canal client (Outlook) ⇄ serveur : confidentialité (un attaquant réseau ne lit ni le trafic ni le mot de passe), intégrité des échanges et authentification du serveur (certificat). Il protège la transmission des courriels et des identifiants.

b) Non. TLS ne sécurise que le transport. En cas de vol de l’identifiant/mot de passe, l’attaquant se connecte à la boîte et lit tous les courriels stockés en clair sur le serveur. TLS ne protège pas le contenu au repos ni contre un accès authentifié frauduleux : il faut un chiffrement de bout en bout.

B3.2

Objectifs de sécurité apportés par le chiffrement des courriels

Chiffrement de bout en bout (clé publique du destinataire, clé privée sur badge BIP — doc B6), par rapport à TLS seul :

  • Confidentialité de bout en bout : seul le destinataire (clé privée sur carte à puce) lit le message ; il reste chiffré au repos sur les serveurs, illisible même en cas de vol des identifiants ou de compromission du serveur.
  • Authenticité / non-répudiation : associé à une signature (clé privée de l’expéditeur), il prouve l’origine et l’intégrité du message.
  • Maîtrise de l’accès : la clé privée étant sur le badge personnel, sans la carte le courriel ne peut pas être lu.

Points de barème (rappel)

DossierAttenduPoints
ASchéma vidéo/VLAN, isolation caméras IP, NAT/filtrage migration, blocage brute force + fail2ban, fiche ITIL, Snort (promiscuité + règles), RADIUS+AD, mesures Wifi, logs 1 an, portail captif45
BRAID 0 vs RAID 6 (20 To utiles), sauvegarde, hébergeur FR, SFTP, sudo & moindre privilège, CVE-2019-14287, vérif d’empreinte, TLS vs chiffrement de bout en bout35
Total80
Sujet officiel © Éducation nationale — publié par le Réseau CERTA — Éducation nationale (lien source). Corrigé commenté et méthodologie © Lockbay Academy.